Titre original Letter From an Unknown Woman Scénario Max Ophuls, Howard Koch, d’après la nouvelle de Stefan Zweig
Image Frank Planer
Musique Daniele Amfitheatrof
Décors Russel A. Gausman, Ruby R. Levitt
Montage Ted J. Kent
Production Rempart Production
Interprétation
Joan Fontaine, Louis Jourdan, Mady Christians, Marcel Journet, John Good, Carol Yorke, Art Smith, Otto Waldis, Leo B. Pessin, Howard Freeman, Sonya Bryden, Erskine Sandford
Un pianiste célèbre, Stefan Brand, reçoit un soir une lettre adressée par une inconnue, Lisa Berndle. Elle lui révèle qu’elle lui a toujours voué un amour exclusif, sans qu’il s’en aperçût jamais. Quelques rencontres furtives à plusieurs années d’intervalle, une brève idylle ébauchée au Prater, une ultime étreinte un soir de fête, aussitôt oubliés par l’inconstant, furent les seuls moments de bonheur qu’elle goûta auprès de son volage amant. Un enfant lui est né qui ne connaîtra jamais son père puisqu’il vient d’être emporté par une épidémie de typhus. Elle-même est contaminée, a fui son foyer et lui écrit d’un hospice. Les dernières lignes sont de la main d’une sœur infirmière : la jeune femme est morte avant d’avoir pu terminer sa lettre. Stefan est effondré à cette lecture. Il comprend tout à coup le sens de la provocation en duel que lui a adressée la veille un diplomate viennois. Il s’y rendra comme à un dernier rendez-vous, non frivole celui-là.
À noter que la nouvelle de Stefan Zweig avait déjà été portée à deux reprises à l’écran : en 1929 par l’Allemand Alfred Abel, sous le titre L’Inconnue, et au début du parlant, par un cinéaste amateur, Paul Cleva.
« L’art du récitatif, de la transparence romanesque (on pourrait aussi bien dire musicale), que l’on trouve dans presque toutes les intrigues ophulsiennes, atteint là son apogée. L’impondérable du temps qui passe, le cours de l’existence que l’on voudrait endiguer, je ne sais quel frémissement plus subtil que celui de la vie elle-même, « le lent et douloureux cheminement de l’amour dans l’ombre et à l’insu de celui qui en est l’objet » (José Zendel), la poignante nostalgie qui se dégage de tout cela, autant de thèmes traduits avec une tendresse arachnéenne et qui planent, tel un poème de Verlaine, dans les brumes délicates du souvenir… Rarement le dépaysement romantique nous a paru atteindre, sur l’écran, une aussi exquise pureté. »
Ouvrons l'Histoire du Cinéma de Georges Sadoul, qu'y lisons-nous concernant Max Ophuls ? Qu'il restera toujours marqué par une certaine « surcharge baroque », héritée de l'expressionnisme ; que sa sensibilité s'est exprimée dans des films « fort inégaux...
Quel est le rôle des cinémathèques ? Raymond Borde l'a parfaitement défini, en introduction à un ouvrage fondamental sur le sujet : « Les cinémathèques s'emploient à conserver ce que l'industrie du film s'emploie à détruire. Elles ne se bornent pas, comme...
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Lettre d’une inconnue
Max Ophuls
35mm — noir et blanc — 1h30 — 1948
Joan Fontaine, Louis Jourdan, Mady Christians, Marcel Journet, John Good, Carol Yorke, Art Smith, Otto Waldis, Leo B. Pessin, Howard Freeman, Sonya Bryden, Erskine Sandford
Un pianiste célèbre, Stefan Brand, reçoit un soir une lettre adressée par une inconnue, Lisa Berndle. Elle lui révèle qu’elle lui a toujours voué un amour exclusif, sans qu’il s’en aperçût jamais. Quelques rencontres furtives à plusieurs années d’intervalle, une brève idylle ébauchée au Prater, une ultime étreinte un soir de fête, aussitôt oubliés par l’inconstant, furent les seuls moments de bonheur qu’elle goûta auprès de son volage amant. Un enfant lui est né qui ne connaîtra jamais son père puisqu’il vient d’être emporté par une épidémie de typhus. Elle-même est contaminée, a fui son foyer et lui écrit d’un hospice. Les dernières lignes sont de la main d’une sœur infirmière : la jeune femme est morte avant d’avoir pu terminer sa lettre. Stefan est effondré à cette lecture. Il comprend tout à coup le sens de la provocation en duel que lui a adressée la veille un diplomate viennois. Il s’y rendra comme à un dernier rendez-vous, non frivole celui-là.
À noter que la nouvelle de Stefan Zweig avait déjà été portée à deux reprises à l’écran : en 1929 par l’Allemand Alfred Abel, sous le titre L’Inconnue, et au début du parlant, par un cinéaste amateur, Paul Cleva.
« L’art du récitatif, de la transparence romanesque (on pourrait aussi bien dire musicale), que l’on trouve dans presque toutes les intrigues ophulsiennes, atteint là son apogée. L’impondérable du temps qui passe, le cours de l’existence que l’on voudrait endiguer, je ne sais quel frémissement plus subtil que celui de la vie elle-même, « le lent et douloureux cheminement de l’amour dans l’ombre et à l’insu de celui qui en est l’objet » (José Zendel), la poignante nostalgie qui se dégage de tout cela, autant de thèmes traduits avec une tendresse arachnéenne et qui planent, tel un poème de Verlaine, dans les brumes délicates du souvenir… Rarement le dépaysement romantique nous a paru atteindre, sur l’écran, une aussi exquise pureté. »
Claude Beylie, Max Ophuls, Éd. Lherminier, 1984
Dans nos archives...
Textes
1986
Max mon amour
Ouvrons l'Histoire du Cinéma de Georges Sadoul, qu'y lisons-nous concernant Max Ophuls ? Qu'il restera toujours marqué par une certaine « surcharge baroque », héritée de l'expressionnisme ; que sa sensibilité s'est exprimée dans des films « fort inégaux...
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Claude Beylie — 1985
La Cinémathèque universitaire : misère et noblesse
Quel est le rôle des cinémathèques ? Raymond Borde l'a parfaitement défini, en introduction à un ouvrage fondamental sur le sujet : « Les cinémathèques s'emploient à conserver ce que l'industrie du film s'emploie à détruire. Elles ne se bornent pas, comme...
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